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Les religieux et religieuses originaires de Kalhausen


L’abbé Nicolas Muller

"Thìewels Nìggel
"
 




Nicolas Muller voit le jour, le 7 août 1920, à Kalhausen, comme premier enfant des époux Auguste Muller et Marie Demmerlé. Ce sont d’humbles cultivateurs, issus tous deux d’une longue lignée de travailleurs de la terre. Auguste, né le 17 avril 1883, vient tout juste d’épouser, au sortir de la Grande Guerre, le 24 novembre 1919, une fille du village, Marie Demmerlé, née le 13 juillet 1894. A la naissance de Nicolas, son père a déjà 37 ans et sa mère 26.
Deux autres enfants suivront, Auguste, né le 8 octobre 1921 et Joséphine, le 17 mai 1924.

Le ménage habite presque au centre du village, non loin de l’église, au début de la rue des fleurs actuelle, dans une assez grande ferme de type lorrain. (actuellement Gilbert Klam, n°2)

Cette ferme porte le nom de "Thìewels" en référence au père de Marie Demmerlé, prénommé justement Thiébaut. Et tous les occupants de la maison portent ce nom : les parents, Thìewels Oguscht, Thìewels Marie, ainsi que les enfants, Nìggel, Oguscht et Schossfinn.
Et  Nicolas Muller sera pour tous les habitants du village Thìewels Nìggel, le Nicolas de la maison de Thiébaut.


 


La ferme de Thiébaut Demmerle fin 19° siècle-début 20°.


Dès l’école primaire, le jeune Nicolas montre des dispositions particulières pour les études. La plupart des enfants terminent leur scolarité à 14 ans, par le certificat d’études qui leur permet d’entrer dans la vie active. Fils de paysan et aîné de la famille, Nicolas aurait très bien pu reprendre le train de culture de ses parents. Faire des études n’est pas chose courante à l’époque, dans le monde paysan, et cela demande des sacrifices aux parents. Il faut partir au collège et la pension de l’internat est coûteuse.


La plupart du temps, c’est le curé de la paroisse qui incite les parents à inscrire leur fils au collège. Le collège le plus proche est celui de Bitche, le Saint Augustin, et c’est précisément un Collège Episcopal, une sorte de petit séminaire. Les parents, poussés par le curé,  inscrivent d’autant plus facilement leur fils dans un tel établissement, qu’ils ont le secret espoir de le voir accéder à la prêtrise. Avoir un fils prêtre est une bénédiction du Ciel et toute mère se fait un honneur d’offrir un fils à l’Eglise.

Le curé de la paroisse, l’abbé Michel Albert, essaie de préparer le jeune Nicolas pour sa scolarité future et lui donne des leçons particulières de latin, au presbytère, en lui inculquant les premières déclinaisons.


 
L’abbé Michel Albert.
(Photo prise en 1943)


Nicolas part donc au Collège de Bitche où il effectue sa scolarité secondaire jusqu’à la classe de première. C’est là qu’il se lie d’amitié avec le jeune Lucien Orditz, originaire d’Insming, qui a de la famille à Kalhausen et qui deviendra également prêtre.


Une photo scolaire prise le 19 juin 1937 atteste de sa scolarité en classe de seconde pour l’année 1936-1937. Il aurait donc passé la première partie du baccalauréat à Bitche, à la fin de l’année de première, mais pas la seconde partie, qu’il aurait dû passer en juin 1939.
 

 
Classe de seconde.
Lucien Orditz est le 4ème à partir de la gauche des élèves assis,
Nicolas est le deuxième à partir de la droite au second rang.





Nicolas se trouve au dernier rang, le second à partir de la gauche,

alors que Lucien Orditz est au premier rang, tout à droite.


On retrouve Nicolas en Charente en septembre 39, évacué avec sa famille. Il a 19 ans et trouve un poste d’employé de bureau dans une usine d’Angoulême, peut-être la poudrerie.

 
 
En Charente.
Nicolas, ses parents, sa sœur Joséphine et une cousine Caroline Assant.





Il manque malheureusement la photo sur cette
carte d’identité établie à Angoulême le 10 juin 1940.




De retour de l’évacuation, en automne 1940, Nicolas aurait aussi travaillé en tant qu’employé de bureau dans la menuiserie Muller d’Achen, avant son incorporation dans le "Reichsarbeitsdienst", le Service du travail, puis dans l’armée allemande, la Wehrmacht.

La classe 1920, à laquelle appartient Nicolas, est incorporée au RAD en avril 1942. Après une formation paramilitaire de 6 mois, il rentre à la maison dans l’attente de la convocation pour l’armée.

La classe 1920 rejoint la Wehrmacht en janvier 1943.
Nicolas se retrouve donc le 17 janvier 1943, à Retz (1), dans la région du Danube inférieur (Niederdonau), en compagnie d’autres jeunes gens de son
âge et plus spécialement de quelques Alsaciens. Il est affecté à la 1ère compagnie de transmissions de la 45° Division d’Infanterie.

Chaque division d’Infanterie possède 2 compagnies de transmissions qui s’occupent des relations téléphoniques et de la TSF.
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(1). Retz est une petite ville de Basse Autriche (4 500 habitants), située près de la frontière tchèque. C’est un important centre viticole et agricole.
 

       


                                              
                                    Nicolas est le second à partir de la droite.


Il gardera toute sa vie des contacts amicaux avec les Anciens de Retz et ils se retrouveront périodiquement autour d’une bonne table pour se raconter leurs souvenirs.

Le lieu de rencontre se trouve en général en Alsace, dans la région de Turckheim et la journée de rencontres débute par une messe célébrée par Nicolas dans la petite chapelle de Notre-Dame de Dusenbach, entre Ribeauvillé et Sainte Marie-aux-Mines, à la mémoire des camarades disparus.
                
 





Les anciens de Retz. 1966.


Dans la lettre ci-dessous, adressée de Retz à sa famille, Nicolas aborde les sujets qui intéressent les siens : la météo locale, ses activités agricoles dans cette région viticole, les arbres fruitiers. Tout l’intérêt qu’il porte au monde agricole ressort de cette correspondance, il est et reste fils de paysan, attaché à la terre. Il ne reniera jamais ses origines et toute sa vie durant, dès qu’il le pourra, il se libèrera des obligations de sa cure pour se replonger dans son milieu familial et le travail de la terre.



 

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)


Retz, le 18 juin 1943


Chers parents et sœurs,

J’ai reçu hier avec joie votre lettre du 15 et vu que vous étiez encore en bonne santé et en forme, ce qui est aussi le cas chez moi. Nous avons ici le même temps que vous, soleil et pluie se succèdent.

Mercredi dernier, j’ai de nouveau travaillé toute le journée chez un agriculteur. Dans un premier champ, j’ai remis en ordre la vigne entre deux rangs de
fils de fer et dans un autre j’ai lié la vigne avec de la paille.


Hier nous avons de nouveau joué aux soldats. Et aujourd’hui nous avons encore labouré des vignes dans un domaine. C’est encore le mieux chez les paysans, chez les grands propriétaires, il y a trop d’ouvriers et le commerce reste le commerce.

Maintenant les griottes mûrissent aussi, on peut alors alterner avec les cerises, mais elles ne sont pas encore très bonnes, elles poussent à l’état sauvage dans tous les buissons, comme les prunelles chez nous.

Maintenant, il faut vite terminer, car nous allons au cinéma.
Je vous embrasse de tout cœur.
Nicolas

Le 3 février 1943, Nicolas est muté à la 262° Division d’Infanterie, toujours dans une compagnie de transmissions. (2)

Il sera encore muté le 26 juillet 1943 dans la 100° Division de Chasseurs où il occupera un poste à l’Etat Major du 54° Régiment. (3)
 
 



 

Carte postale adressée par Nicolas à sa famille le 21 mars 1944.
Les costumes folkloriques font penser à l’Ukraine.





(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

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(2).  La 262° Infanterie-Division est peu utilisée en 1942 et au début de 1943. Elle est engagée en août 1943 dans le secteur de Koursk, en Russie, où elle subit de lourdes pertes, y compris lors de sa retraite. Elle est dissoute en novembre de la même année. (sources wickipédia.org).

(3). La 100° Jäger-Division est une Unité d’Infanterie. Elle a été engagée à Stalingrad en septembre 1942. Elle disparaît suite à la capitulation de von Paulus, fin janvier 1943. Elle est reformée en avril 1943 dans la région de Belgrade et transférée en Croatie en juillet. Le 1er mars 1944, elle rejoint, dans le nord de l’Ukraine,  les forces combattantes,  pour briser l’encerclement de la 1. Panzer-Armee. Elle prend part au retrait des forces allemandes devant les Soviétiques et aux combats en Hongrie avant de terminer la guerre en Silésie en mai 1945. (sources wickipédia.org)
Nicolas gardera de son séjour sur le front de l’Est des souvenirs de bonne camaraderie et il se joindra en 1979 aux anciens combattants de la 100° Division de Chasseurs, lors d’une cérémonie commémorative.


 

Avec  les anciens de la  100 Jäger – Division



Démobilisé, il retracera son parcours militaire en recherchant et en soulignant dans un Atlas géographique les noms des localités qui ont jalonné son périple. Il s’agit du "Grosser Volksatlas" des éditions Velhagen et Klasings de Leipzig, édité en 1940.


Ainsi il souligne les localités


- de Vinkovci, Vukovar, Skoplje, Veles et Prilep en Yougoslavie,
- de Podhacje, Stryj et Rohatyn en Ukraine,
- de Sillein (Zilina), Trebisov et Snina (Szinna) en Slovaquie,
- de Teschen (Cieszyn), Neisse (Nysa), Bunzlau (Boleslawiec) et Krappitz (Krapkowive) en Pologne,
- de Pollau et bien sûr de Retz en Autriche.

Nicolas a terminé le conflit sans dommage et il a bénéficié de beaucoup de chance de ne pas avoir eu à combattre en première ligne, puisque son niveau d’études lui a permis d’occuper un poste à l’Etat-Major de la division.


 

Après son retour de l’incorporation en été 45, Nicolas postule pour un emploi à la SNCF. Il s’occupe alors du service à la gare de Domfessel, dans le proche Bas-Rhin, avec le grade "d’attaché" (4).



 


Nicolas gravit rapidement les échelons et devient "chef de service" à la gare de Kalhausen, plus proche désormais de son domicile. Il s’occupe du service au guichet et du départ des trains.

Quand son emploi du temps à la gare le lui permet, il se replonge dans les études arrêtées avant-guerre. Peut-être suit-il par correspondance le programme de la classe de terminale ? Il obtient ainsi en février 1946 un certificat d’aptitude émis par l’Université de Strasbourg et qui lui permet de décrocher officiellement le diplôme du baccalauréat en 1948.

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(4). Actuellement encore, la SNCF recrute des bacheliers qui auront le grade d’attaché-opérateur leur permettant une évolution de carrière plus rapide
sur 3 ans que pour les non-bacheliers.(communication de François Freyermuth)



 
           


Nicolas pose devant la casemate d’observation
située sur le ban de Kalhausen, au lieu-dit In der Wiese.



Par son poste à la SNCF, Nicolas dispose de facilités de déplacement, puisqu’il a un certain nombre de déplacements gratuits dans l’année. Le séjour forcé dans la Wehrmacht lui avait permis de passer par plusieurs pays d’Europe et cela lui avait peut-être donné le goût des voyages. C’est ainsi qu’en 1948, après un voyage-pèlerinage à Rome, il décide soudainement d’entrer au grand séminaire de Metz et de se consacrer à la prêtrise, alors qu’une carrière prometteuse s’ouvrait à lui dans les chemins de fer.

Nicolas est désormais ce que l’on appelle une vocation tardive. Il a déjà 28 ans lorsqu’il entre en formation et en aura 35 lorsqu’il aura fini ses études
de séminariste.

En choisissant de devenir prêtre, il suit les traces de son grand-oncle Jean Pierre Albertus, frère de sa grand-mère maternelle Anne Albertus et qui était décédé en 1916, comme curé de Breidenbach, dans le pays de Bitche.

 

Nicolas séminariste et sa filleule Marie Jeanne


La première messe au village, "de Primiz"


L’accueil à la gare

Nicolas Muller est ordonné prêtre le dimanche 3 juillet 1955, en la cathédrale de Metz, par monseigneur Heintz, en présence de toute sa famille et de nombreux habitants de Kalhausen qui se sont spécialement déplacés pour l’occasion.

Il est de tradition, pour un nouveau prêtre, de se rendre, peu après son ordination, dans son village natal et d’y célébrer une messe solennelle en présence de tous les paroissiens. L’ordination d’un prêtre est en effet un évènement rare dans une paroisse. C’est un grand honneur et une fierté pour les parents en premier lieu, pour la communauté religieuse, curé en tête, en second lieu d’avoir pu accompagner un jeune vers la prêtrise. Et l’accueil au village du jeune prêtre est une très grande fête, de même que la messe et les vêpres qui seront suivies d’une imposition individuelle des mains.

La tradition veut que l’accueil au village d’un nouveau prêtre soit grandiose et toute la communauté s’investit totalement pour la réussite de l’évènement. Le prêtre est en effet considéré comme "un autre Christ" et sa réception doit ressembler à l’accueil triomphal reçu par Jésus à Jérusalem, le jour des Rameaux.

Nicolas passe la semaine au Grand Séminaire de Metz et se rend, par le train, dans son village de Kalhausen, le samedi après-midi 9 juillet. Il sait que toute la communauté villageoise s’est mobilisée pour l’accueillir dignement. Nicolas Muller n’a pas voyagé seul dans le train, il arrive en gare de Kalhausen, accompagné du père Lucien Orditz, qui avait été son camarade de classe à Bitche et qui n’est pas un inconnu à Kalhausen.

L’accueil est chaleureux sur le quai de la gare, c’est personnellement le chef de gare Eckly, ancien collègue de Nicolas, qui vient lui souhaiter la bienvenue à la descente du train.

 

Et l’accueil est encore plus chaleureux à la sortie du hall de la gare, où se sont rassemblés les anciens collègues du jeune abbé. Il y a là, outre le chef de gare Eckly, d’autres cheminots comme Marc Dellinger de Schmittviller, appelé "de Màrkus", Marcel Hittinger d’Etting et même le curé Ichtertz qui a fait le déplacement depuis le village.

 
 



Le curé Ichtertz et le jeune abbé




La façade de la gare a été décorée et un tapis déroulé sur les quelques marches devant la porte d’entrée. Nicolas a droit aux honneurs, à un petit discours, à une gerbe de fleurs que lui offre la propre fille du chef de gare.



 



A l’extérieur de la gare, de nombreux habitants de Kalhausen attendent le jeune prêtre pour l’accompagner jusqu’au village par la route. Il y a là des cavaliers fièrement montés sur leur cheval bien étrillé et décoré, des cyclistes à côté de leur machine ornée de fleurs en papier, des motocyclistes tenant le guidon de leur moto ou de leur scooter également décorés.



 


Rangées contre le hangar de la gare, non moins de 4 voitures automobiles décorées attendent. Elles ont transporté jusqu’à la gare le curé Ichtertz et sans doute les membres de la famille proche. L’une de ces voitures transportera le jeune abbé jusqu’au village.

C’est l’abbé Ichtertz, curé du village, qui a tout organisé, avec l’aide des paroissiens et des associations locales. La chorale a répété de nombreuses fois les mois précédents. Des séances de confection de fleurs en papier crépon avaient eu lieu, les soirées d’hiver, notamment au domicile de Jean Baptiste Neu et de Florian Stephanus entre autres. Ces fleurs serviront pour la décoration des arcs de triomphe, des rues et de l’autel qui devait s’élever devant la maison paternelle.

Des responsables avaient été désignés par le curé pour s’occuper du cortège qui devait accompagner le jeune abbé depuis la gare jusqu’au village : Emile Freyermuth pour le club des cyclistes, Henri Holtzritter pour les cavaliers, Aloyse Schlegel pour les motocyclistes, Joseph Ferner pour le transport en voiture de Nicolas. Un comité de pilotage avait été créé et des réunions avaient eu lieu pour mettre au point le déroulement de la fête et définir le rôle de chacun.

Il fait particulièrement chaud ce jour-là et certains en profitent pour se désaltérer au café-restaurant de la gare, en attendant l’arrivée du train. Les cavaliers n’ont pas cette chance, ils ne peuvent pas abandonner leur monture et il n’y a pas d’abreuvoir à bestiaux dans les parages.

Après la réception à la gare, une autre réception attend le jeune abbé au village, sur le parvis de l’église paroissiale. Dès que Nicolas et son confrère Lucien Orditz ont pris place dans la 203 Peugeot, le cortège s’ébranle au pas des cavaliers qui ouvrent la marche.


 


Les 7 cavaliers, habillés d’une chemise blanche, coiffés d’un képi blanc et fièrement montés sur des chevaux soigneusement toilettés et décorés de fleurs, précèdent les cyclistes. Ce sont de jeunes garçons d’âge scolaire, des adolescents, jeunes gens et jeunes filles, et même quelques adultes en habits de dimanche. Ils sont une bonne quarantaine.


Enfin arrivent les véhicules motorisés, des motos et des scooters, pilotés par des jeunes un peu plus âgés et quelque fois déjà mariés. Là encore, les véhicules sont décorés et leurs pilotes endimanchés.

Les autos, également décorés comme le sont actuellement les voitures de mariés, ferment la marche avec l’autocar. Sur les 3 km qui séparent la gare du village, Nicolas a le temps de revoir en pensée son parcours depuis le collège de Bitche, l’évacuation en Charente, son incorporation dans la Wehrmacht, son retour sain et sauf de la guerre jusqu’à ce jour béni où il va être triomphalement reçu dans son village, par toute la paroisse.

Le cortège n’avance pas vite, à la vitesse des chevaux et il faut une bonne demi-heure pour gagner le village.

L’accueil au village


L’après-midi de ce samedi a été chômé au village et de nombreuses personnes attendent, sur la place du village et devant l’église, l’arrivée du cortège.

La rue de la gare a été décorée et un arc de triomphe dressé au niveau des premières maisons. "Willkommen Priester Gottes", Bienvenue au prêtre de Dieu, peut-on lire sur la banderole qui surplombe la rue.

A hauteur du cimetière, un détachement de pompiers locaux, sous le commandement du chef de corps, Albert Gross, attend le cortège et s’y incorpore, ouvrant désormais la marche. Les sapeurs portent la hache sur l’épaule et encadrent leur drapeau.

Les  deux côtés de la chaussée sont maintenant jalonnés de guirlandes en papier, soutenues par de nombreux poteaux de bois couronnés de petits drapeaux jaunes et blancs, aux couleurs du Vatican, comme lors de la Fête-Dieu. Un second arc de triomphe a été dressé au niveau de la forge Lett.

Sur le parvis de l’église, attendent la chorale, le curé Ichtertz, le conseil de fabrique, le maire, Florian Gross, entouré de son conseil municipal et la famille proche du jeune abbé. De nombreux curieux se massent en face de l’église, devant les bâtiments Gross-Lett. Tous sont fiers de pouvoir accueillir un enfant du village ordonné prêtre.
 


 
Nicolas Muller est accueilli avec émotion par son curé, l’abbé Nicolas Ichtertz, qui l’a toujours soutenu sur son chemin vers la prêtrise. Il a droit à une seconde gerbe de fleurs offerte par une jeune fille, à un second discours de bienvenue, cette fois de la part des autorités civiles. La chorale au grand complet entonne un chant de circonstance. Nicolas remercie toutes les personnes présentes pour l’accueil chaleureux prodigué et leur donne rendez-vous pour le lendemain, dimanche matin. Il passera la soirée et la nuit dans la maison familiale, entourée des siens.

 Petite vidéo de la journée du samedi
 cliquez sur le lien pour la visionner.




 
La première messe au village

Ordonné prêtre depuis une semaine, Nicolas va célébrer, ce dimanche 10 juillet 1955, sa première messe au village, entouré de sa famille, de tous ses amis, des paroissiens et de nombreuses personnes étrangères venant de communes plus ou moins proches. La cérémonie sera bien sûr grandiose.

La maison des Thìewels a été abondamment décorée avec des guirlandes, des fanions blancs et jaunes, aux couleurs du Vatican et des pots de fleurs. Un panneau avec une inscription a été fixé sous le linteau de la porte d’entrée. On peut y lire :

"Mit seines Vaters Segen zog er aus

Mit Priester Segen kehrt er heim ins Haus".
Il est parti avec la bénédiction paternelle,
il revient dans sa maison avec la bénédiction de prêtre.

 


L’usoir, devant la maison, est abondamment fleuri et un chemin de pétales de fleurs conduit de la porte d’entrée de la maison jusqu’aux marches de l’autel dressé sur la gauche. Cette construction est censée figurer le maître-autel de l’église, dont Nicolas gravira bientôt les marches.

L’autel a été emprunté à André List de la rue de la Libération et sert ordinairement comme reposoir lors de la Fête-Dieu. Il a été quelque peu aménagé pour l’occasion et une grande banderole annonce en latin : Tu es sacerdos in eternum. (Tu es prêtre pour l’éternité).



 
Le court chemin entre la ferme paternelle et la maison de Dieu est, lui aussi, décoré d’une double rangée de guirlandes de papier crépon soutenues par des poteaux. Un magnifique arc de triomphe a été bâti au début de la rue et tout à l’heure, le cortège solennel passera dessous.

Un prie-Dieu est posé devant les marches de l’autel et c’est là, agenouillé et recueilli, que Nicolas va accueillir le cortège venant de l’église. Il a déjà revêtu les habits sacerdotaux qui avaient été préparés pour lui sur l’autel: l’aube blanche, la chasuble, le manipule et l’étole. Il est fin prêt pour faire
son entrée solennelle dans l’église de son village.



 
                  




Ce jour-là, de jeunes adolescents jouent le rôle des enfants de chœur. Le cortège venant de l’église se compose des servants de messe, de nombreux  prêtres du secteur, du curé Ichtertz, de la chorale, des pompiers, des cyclistes à pied et des mineurs en tenue. Un suisse, spécialement venu d’un village voisin, a été engagé pour la circonstance et c’est lui qui ouvre la marche.

 
 



Le départ pour aller à la rencontre du jeune abbé.


La foule innombrable des paroissiens et amis de Nicolas se presse devant la maison paternelle et devant la maison d’en face, celle des Muller, les "Àlbèèrdsse". Toute la famille de Nicolas est présente : ses parents, Auguste et Marie, son frère Auguste et son épouse Mathilde avec leurs 2 enfants, Marie Jeanne et Grégoire, sa sœur Joséphine et son époux Nicolas avec leur fille Aurélie.


 


La clique des sapeurs-pompiers, sous la direction de Joseph Phillip, appelé "de Chef Sépp", se tient prête pour l’aubade au nouveau prêtre.



 


Une jeune fille voisine de la maison paternelle, Gisèle Duché, prononce un petit mot d’accueil. Le curé Ichtertz présente ensuite au jeune prêtre un crucifix, signe du sacerdoce et de la foi que Nicolas a choisi de témoigner. Cette croix, Nicolas devra la porter désormais, tout comme Jésus l’a portée. Nicolas pose ses lèvres sur la croix et serre le crucifix contre son cœur.



 


Précédé par ses petites nièces, tout de blanc vêtues et représentant des anges, par son neveu et 2 autres filles, Nicolas prend maintenant la place d’honneur dans le cortège qui doit le conduire à l’autel de l’église paroissiale, cette église qui l’a vu grandir humainement et spirituellement. Dans le cortège figurent non seulement les pompiers en tenue, portant la hache sur l’épaule et accompagnés du porte-drapeau, comme la veille, mais aussi l’association des ouvriers mineurs, dont certains membres en tenue de travail, eux aussi avec leur drapeau et les membres du club des cyclistes, également  avec leur drapeau.



 

En route pour l’église.



La messe célébrée par Nicolas est majestueuse et émouvante, en présence d’une assemblée immense et recueillie. C’est un temps fort dans la vie du jeune prêtre, un temps d’intense émotion, de ferveur et de prières.

L’église est décorée et fleurie comme aux grandes fêtes religieuses. Elle est presque trop petite pour contenir tous les fidèles et les enfants d’âge scolaire n’ont pas trouvé suffisamment de place dans les petits bancs qui leur sont réservés.


 


Il est sûr que des personnes étrangères à la paroisse profitent de l’occasion pour assister à cette cérémonie exceptionnelle. Pouvoir communier des mains du nouveau prêtre et recevoir, à la fin de la messe, sa bénédiction ainsi que l’imposition des mains est considéré par les croyants comme une promesse de grâces divines et personne ne veut s’en priver.

 
 



L’évènement est bien sûr relaté dans la presse locale, le Républicain Lorrain et son édition en langue allemande, France Journal.

 
 




Le journal titre : La première ordination depuis 82 ans.




L’après-midi, les vêpres solennelles sont chantées par le nouveau prêtre et les confrères présents. A l’issue de l’office, Nicolas impose individuellement ses mains sur la tête des paroissiens. Ce geste rituel se veut un signe de transmission de la bénédiction divine et de l’Esprit Saint.

Une image-souvenir est encore distribuée à toutes les personnes présentes.
                   



Nicolas pourra maintenant profiter, jusqu’à la fin du mois de juillet, de courtes vacances dans son village avant de rejoindre son premier poste pastoral.



Petite vidéo de la journée de dimanche
cliquez sur le lien pour la visionner.

Le ministère de Nicolas


Le ministère pastoral de Nicolas débute dans la banlieue messine et plus spécialement dans la paroisse sainte Jeanne d’Arc de Montigny-lès-Metz. Il secondera le curé de la paroisse, en tant que vicaire du 1er août 1955 au 31 juillet 1957. Il est également nommé aumônier des guides de France et doit s’occuper de la Compagnie et de la Ronde de Montigny.
 






 
 
Puis Nicolas cherche à se rapprocher de sa Lorraine natale et occupe des postes de vicaire à la paroisse de Stiring-Habsterdick du 1er août 1957 au 31 août 1962, à la paroisse Saint-François de Stiring du 1er septembre 1962 au 31 août de l’année suivante et enfin à la paroisse de la cité Maroc de Creutzwald jusqu’au 30 juin 1979
 
 





 
Il se rapproche ensuite encore plus et obtient une cure vacante, celle de Woustviller. Il est nommé le 1er juillet 1979 desservant d’Ernestviller et administrateur de Woustviller. Le 6 novembre 1987, il se voit nommer en plus desservant du village d‘Heckenransbach.

 

En 1980, avec son évêque Paul-Joseph Schmitt.



Nicolas loge au presbytère de Woustviller et dessert les paroisses voisines grâce à sa légendaire R4. Le lundi est en général pour lui la journée où il s’accorde une petite pause dans son ministère et il en profite pour retrouver sa famille de Kalhausen, surtout sa sœur Joséphine chez qui il loge parfois, pendant les vacances d’été. Il n’oublie pas de rendre visite à son frère Auguste et à sa belle-sœur Mathilde, ni à ses neveux et nièces.


Très attaché à la terre, Nicolas profite de ses loisirs à Kalhausen pour s’adonner à l’arboriculture fruitière : il est devenu un expert dans la taille, le greffage et les soins apportés aux arbres fruitiers. L’automne est la saison des récoltes et Nicolas ne manquerait pour rien cette période fructueuse de l’année qui lui permet de faire des provisions pour l’hiver.

Nicolas, quand il séjourne au village, seconde aussi dans la mesure du possible, l’abbé Stab, curé de Kalhausen, puis l’abbé Zapp, qui a en charge le secteur pastoral AEKS.

                      


    
Tous les habitants de Kalhausen reconnaissent sa R4, quand il sillonne les rues du village, en direction des champs, avec une échelle sur la galerie de sa voiture. Le dernier modèle, de couleur grise, acquis quelque temps avant son décès, était immatriculé 4657 VX 57.

L’annonce de son décès prématuré, le lundi 2 octobre 1989, à l’âge de 69 ans, laisse son secteur paroissial et son village natal totalement abasourdis.






Une foule nombreuse et émue l’accompagnera à sa dernière demeure. Nicolas repose désormais au cimetière de son village, dans la tombe de ses parents.


 

                       

Lien vers la page "Cimetière de Kalhausen"




Les autres religieux originaires de Kalhausen

J’ai pu répertorier 3 religieux originaires du village et qui ont été ordonnés à la prêtrise, tous au 19°siècle.

1. Jean Pierre Albertus (19 mai 1847 - 03 janvier 1916), fils de Joseph Albertus et d’Anne Zins, grand’oncle de Nicolas Muller (Jean Pierre est le frère
de sa grand-mère Anne Albertus (1854-1919)

 




-    Ordonné en 1873

-    Vicaire à Sarreguemines de 1873 à 1877
-    Curé de Breidenbach de 1877 à 1916
-    Enterré au cimetière de Breidenbach
         




2. Les fils de Henri Pefferkorn (1812 - 1847), "employé dans la fabrique de chapeaux de paille" et de Christine Gross (1814 - 1864). La famille est connue à Kalhausen sous le nom de maison "Fawriggersch". Elle s’occupait de la distribution aux habitants des feuilles de latanier et du ramassage des chapeaux de paille tressés, pour le compte des établissements de Langehagen de Sarre-Union.


    Adam Pefferkorn (1er mars 1841-1904)
     professeur au petit séminaire de Montigny-lès-Metz

  -  Vicaire à Bitche en 1870
   -   Présent à Kalhausen le 24 mars 1870, lors de la bénédiction de la croix de mission
 

 

Il a réalisé de nombreuses photographies d’églises et de mobilier religieux, surtout dans la région messine, mais aussi des photographies de Kalhausen et de Weidesheim, ainsi que de villages des environs.



Vue de Kalhausen


Vue de Weidesheim


Henri Pefferkorn (06 février 1848 - 09 février 1918)
 
-   Recruté en 1872 au séminaire de Metz par Monseigneur Dupuis, évêque pour la mission du Texas, diocèse de Galveston
     (immigrés de langue  allemande)
- Ordonné le 13 avril 1873 à Galveston
-   Curé de la paroisse saint Joseph des Allemands  à San Antonio (1878-1896)
-   Chapelain à Notre-Dame du Lac (maison-mère des sœurs de la Divine Providence) de 1896 à1900
-   Revient en Lorraine en 1900
-   Curé de Saint-Jean Kourtzerode (1900-1903)
-   Curé de Théding (1903-1907)
-   Curé de Bettborn (1907-1918) où il est inhumé.






Les 2 frères possédaient des dons en peinture et ont notamment laissé d’admirables fresques murales dans le presbytère de Kalhausen.




Fresque dessinée par Adam Pefferkorn


Dessin en trompe l'oeil de Henri Pefferkorn


Les religieuses



Anne Stéphanus
, en religion sœur Marie  Bernarde, de la congrégation des sœurs de la Divine Providence de Saint-Jean-de-Bassel.

Née à Kalhausen, le 28 janvier 1870 de Florian Stéphanus, tisserand, laboureur et de Christiane Greiner.
Apparentée aux familles Stéphanus, Steffanus (Jokkébels) et List (Muur Hànse)
Emigre en 1890 aux Etats-Unis d’Amérique, naturalisée américaine en 1922.
En 1910, domiciliée à Washington, district de Colombie.
Prend le paquebot Rochambeau pour un séjour dans sa famille en novembre 1927.
Employée à l’époque apparemment comme cuisinière au couvent Sainte Anne de Melbourne, dans le Kentucky.
Décède le 28 novembre 1962, enterrée au cimetière du couvent.







Marie Klein, en religion sœur Marie Flavie.
Fille de Florian Klein et d’Anne Mourer.
Née le 24 octobre 1877 à Kalhausen
Décédée le 19 février 1946 à Thionville.
Sœur infirmière à la clinique Sainte Elisabeth de Thionville, elle fait partie de l’Ordre des Augustines hospitalières qui se vouent à la garde des malades et au service des hôpitaux. Les Augustines portent une robe noire serrée par une ceinture de cuir.






Pauline Neu (14.03.1901-17.09.1984), dite Berthe, fille d’André Neu et de Marie Petri, en religion, sœur Marie François, de la congrégation de la Divine Providence de Saint-Jean-de-Bassel.

Pauline entre au couvent en 1917 et suit pendant 4 années une formation donnée par l’Ecole Normale, car elle se destine, comme beaucoup de ses compagnes d’alors à devenir institutrice. En 1921, elle devient novice, puis fait sa première profession en 1922.

La même année, elle prend son premier poste d’institutrice au pensionnat de Fénétrange. Elle occupe successivement des postes à Volmérange-les-Mines, Insming, Lardy (Essonne), Villé et Sarrebourg. En octobre 1960, elle est nommée à Béalanana, sur l’île de Madagascar, où elle est responsable régionale de plusieurs communautés de sœurs missionnaires. En 1963, elle retourne en France et dirige la maison d’accueil Ave Maria de Trois-Epis. Rattrapée par la maladie, elle doit cesser son activité en 1981 et se retire à la maison de retraite des sœurs à Saint-Jean-de Bassel, où elle s’éteint au matin du 17 septembre 1984.





                                   
     

Il est remarquable de noter que les 4 religieuses suivantes sont issues d’une même famille, la famille Pefferkorn-Borsenberger, appelée Fawriggersch.
Les abbés Pefferkorn font d’ailleurs aussi partie de cette famille.


Marie-Louise Borsenberger,
religieuse de la congrégation des soeurs de Sainte Chrétienne. En religion soeur Berthe.
Fille d'Emile Borsenberger et de Clémence Pefferkorn.
Née le 4 avril 1902 à Kalhausen.

Décédée le 30 août 1989 à Rémilly, à l'âge de 87 ans, dont 63 ans de profession religieuse.
Marie-Louise entre en religion à l'âge de 22 ans et fait ses vœux le 26 mars 1926. Elle commence sa carrière d’enseignante à l'école Saint-Maximin de Metz. En 1928, elle est nommée à Chimay (Belgique) où elle reste pendant 10 ans. En 1938, la congrégation la nomme à Sarreguemines, elle y enseigne une classe de CEP (classe du certificat d'étude) du pensionnat. Le 1er septembre 1939, lors de l’évacuation, elle quitte Sarreguemines pour Lectoure (Gers) jusqu'en 1941. Son état de santé nécessite un répit qu'elle passe à Sommières (Gard), au milieu de ses consœurs de Moselle expulsées ou évacuées. Des postes provisoires de "guerre" la réclament ensuite à Brignoles (Var) d'où elle est rapatriée en 1947.
Sœur Berthe réside alors provisoirement à Metz, à la Maison-Mère, jusqu'à la réouverture du Pensionnat de Sarreguemines (octobre 1948), où elle enseigne le latin et la religion. Vers 1961, elle arrête l'enseignement et s'occupe de l'économat du pensionnat. En 1985, elle se retire à la maison de retraite de Rémilly où elle décède le 30 août 1989. Elle repose dans le petit cimetière des sœurs de Sainte Chrétienne à Rémilly.





Marie-Barbe Pefferkorn.
Carmélite au carmel de Luxembourg. En religion, soeur Véronique de la Sainte Face
Fille de Jean-Pierre Pefferkorn et de Madeleine List.
Née le 8 juillet 1903 à Kalhausen
Décédée en 1966 au Luxembourg.


                  

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Madeleine-Cécile Pefferkorn.
Carmélite au carmel des Dominicaines à Paray-le-Monial. En religion soeur Marie-Bernadette
Fille de Jean-Pierre Pefferkorn et de Madeleine List.
Née le 12 octobre 1904 à Kalhausen
Décédée 14 janvier 1963 à Paray-le-Monial

                          
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Célestine-Marie Borsenberger,
religieuse de la congrégation des soeurs de Sainte Chrétienne. En religion soeur Sainte Marie de Bon-Secours.
Fille d'Emile Borsenberger et de Clémence Pefferkorn.
Née le 6 octobre 1904 à Kalhausen
Décédée le 16 septembre 1956 à Metz






Marguerite Pefferkorn
, religieuse franciscaine. En religion, sœur Marie Germaine.
Infirmière à l’hôpital Sainte Blandine de Metz
.

Fille de Victor Pefferkorn et de Marie Gross
.
Née 19 décembre 1925 à Kalhausen
Décédée le 4 juin 1997 à Lessy 57160




Monique Philipp, religieuse carmélite, entre au carmel de Metz à Plappeville, en septembre 1950. Désormais sœur Monique du Cœur Immaculé de Marie, elle prend l’habit le 15 septembre 1951 et professe des vœux temporaires le 16 septembre 1952.
Monique ne peut malheureusement pas tenir ses vœux perpétuels pour raison de santé, elle quitte le couvent et trouve un emploi de ménagère auprès de l’abbé André Rausch, curé de Créhange-Village du 1er juin 1940 au 31 mai 1980.
Ce dernier se retire à sa retraite à Kalhausen où il s’est fait construire une maison dans la rue des vergers et Monique le suit. L’abbé Rausch décède
le 27 mai 1999.

Fille d'Emile Philipp et de Marie Mourer.
Née le 5 janvier 1928 à Kalhausen
Décédée le 7 mars 2014















Marie-Rose Lenhard (19.12.1940-), fille de Jean Pierre Lenhard et de Marie Karman, en religion sœur Marie Amata (amata signifie aimée en latin) de la congrégation des sœurs de la Divine Providence.


Après des études au couvent de Saint-Jean-de-Bassel (1953-1958), au pensionnat de Fénétrange (1958-1959), puis à Argentat, dans la Corrèze (1959-1960) où elle passe le baccalauréat, Marie Rose prend l’habit religieux le 22 août de la même année à Saint-Jean-de-Bassel. Après un an de noviciat, elle fait sa première profession le 8 septembre 1961 et obtient dans la foulée son premier poste d’enseignante à Dabo. Le 7 septembre 1966, Marie Rose fait ses vœux perpétuels. En 1968, elle est mutée à Pont-l’Abbé-d’Arnoult, en Charente Maritime. En 1984, elle reprend des études de théologie à la faculté catholique de l’Université d’Angers, études qu’elle poursuit en 1988 à l’Université Catholique de Paris, tout en s’initiant à l’espagnol à l’Institut Espagnol de Neuilly.

A partir de 1990, elle s’occupe de l’enseignement du français dans un centre provisoire d’hébergement pour réfugiés du sud-est asiatique géré par l’association France Terre d’Asile et situé à Friedolsheim, en Alsace. Après une année de remplacement d’une enseignante à l’Ecole Sainte Marie de Nemours (Seine-et-Marne), elle est appelée à s’occuper de la formation de catéchistes à Nemours et dans deux autres paroisses proches (Souppes-sur-Loing et Château-Landon), puis à Ravières, dans l’Yonne (1992-2013).

Actuellement Marie Rose se repose à Kalhausen, dans sa famille, dans l’attente d’une nouvelle affectation.






                         









Conclusion

Nous avons évoqué brièvement les vocations religieuses de quelques personnes originaires de notre village, en mettant plus l’accent sur l’abbé Nicolas Muller, dont le souvenir est encore vivace.

Pendant les deux derniers siècles de forte ferveur religieuse, le village de Kalhausen a fourni 4 prêtres et 10 religieuses.

Pour comparaison, le village voisin d’Etting a fourni pour la même période 16 prêtres et 14 religieuses, sans compter 2 laïques consacrées. (Sylvain Hittinger. Le livre des familles d’Etting.)

Wittring a fourni 9 prêtres et également 9 religieuses. (Robert Mourer. Wittring. Un village lorrain de paix et de guerre.)

Actuellement les vocations religieuses se font rares dans nos régions, le clergé est vieillissant et l’Evêché fait désormais appel à des prêtres originaires de pays de l’est, comme la Pologne, ou de pays d’Afrique.


Gérard Kuffler

Novembre 2015

Merci à Anne Klein, André Neu, François Feyermuth et Jean Marie Pefferkorn.